Qui donc est ce chat à triangle, sortant de nulle-part et déambulant sur le muret?
Où court-il, vers ce bouleau peut-être, croquer quelque menu oiseau? Pourquoi arrête t'il soudain sa course, m'apercevant par la fenêtre, seule chez moi?
Nous nous observons alors, moi l'interrogeant du regard, lui remuant la queue mécontent, mais de quoi?
Pourquoi s'arrête t'il toujours, sauvage, le chat à triangle?
samedi 20 juin 2009
Un "rêve" de la nuit dernière
C'est la nuit je me lève - sur le carrelage court un gros cafard marron. Je me saisis d'un verre et réussis à l'emprisonner et pourtant il courait vite. Quelques minutes plus tard je m'aperçois qu'il y a au moins 10 cafards crevés par terre.
lundi 15 juin 2009
Mauvais jour
Dévastation, désolation, laisser-aller
Ennui, qu'est-ce que j'peux faire, j'sais pas quoi faire
Herbes folles, animaux cassés laissés là
Tourne en rond, tourne en rond, comment me sortir de là?
Répétition, répétition, dialogue de sourds
Rancoeur mal cachée, j'm'en fous j'm'en fous, j'peux rien y faire j'écoute pas j'regarde pas
J'écoute pas mais j'écoute je sais mieux que vous
Poussière humidité mauvais état oui oui oui je sais arrête de m'prendre la tête cinq minutes
Tout inachevé rien de commencé pas la vie pour de vrai
Ecoute-moi parle-moi où es-tu passée
Agacement ennui ennui ennui
Malsain abandon partiel survie, passé tout le temps là
Angoisse en sourdine dans les murs
Train train train train vite
Ennui, qu'est-ce que j'peux faire, j'sais pas quoi faire
Herbes folles, animaux cassés laissés là
Tourne en rond, tourne en rond, comment me sortir de là?
Répétition, répétition, dialogue de sourds
Rancoeur mal cachée, j'm'en fous j'm'en fous, j'peux rien y faire j'écoute pas j'regarde pas
J'écoute pas mais j'écoute je sais mieux que vous
Poussière humidité mauvais état oui oui oui je sais arrête de m'prendre la tête cinq minutes
Tout inachevé rien de commencé pas la vie pour de vrai
Ecoute-moi parle-moi où es-tu passée
Agacement ennui ennui ennui
Malsain abandon partiel survie, passé tout le temps là
Angoisse en sourdine dans les murs
Train train train train vite
dimanche 14 juin 2009
Interrogations ferroviaires
"Tu vas encore être en retard", qu'il me dit, alors qu'il n'est que 8h15 et que le train part 50 minutes plus tard.
Malheureusement, il a raison. J'ai beau le savoir, à chaque fois ou presque, je cours pour avoir mon train. Il s'en étonne, mais moi non plus, je ne sais pas d'où ça vient, c'est un mystère. Le temps passe plus vite à partir d'une certaine heure, et arriver à la gare à l'heure devient un défi.
Je cours donc péniblement, mal au dos et des courbatures, pas assez dormi, dans la rue déserte, la voie ferrée en contrebas. Je me trimballe, en plus de mes affaires, 2 kg de sucre dans mon sac en bandoulière. C'est pas bien lourd mais mon sac rempli à ras bord entrechoquant mon pauvre corps courbaturé, tentant de courir le plus longtemps possible, me donne certainement l'air encore plus ridicule (ou misérable, voire les deux)...
Je monte en sueur dans le train, 5 minutes avant le départ. Le temps m'a joué un tour inhabituel: il est passé super vite tant que je n'étais pas partie, puis là, me narguant sans que je m'en rende compte, ricanant avec son pote le soleil, il s'est mis à ralentir. Voilà, maintenant, j'ai pas l'air con, 5 minutes avant le départ du train. Mais j'ai plus d'énergie pour courir encore jusqu'aux guichets, faire la queue, surveiller la pendule en tapant du pied par terre.
Le "Chef de Bord" est en train de discuter avec le conducteur; j'attends qu'ils terminent, puis il voit ma mine déconfite, la sueur dégoulinant de mon front; "J'ai pas eu le temps de prendre un billet, j'ai couru depuis Mantes Station..." Ca va, le gars, c'est dimanche, il est cool, il me fait le billet au tarif normal.
Le petit autorail moderne arrive à Bréval. Je suis assise juste derrière la cabine du conducteur. La voix automatique se déclenche et annonce: "Mesdames et Messieurs, dans quelques instants Notre Train [à cet instant le Chef de Bord s'étonne, l'air un peu amusé: "tiens, il a trouvé le code pour déclencher l'annonce!"] arrivera en gare de Mantes la Jolie, terminus de ce train. Nous espérons que vous avez effectué un agréable voyage et espérons vous revoir bientôt à bord de nos TER".
Là, Monsieur le Chef de Bord voit bien qu'il y a un problème, ouvre la porte de la cabine, prend le micro et annonce aux 3 clampins présents dans la rame que "Mesdames Messieurs je vous confirme que ce train est à destination d'Evreux et qu'il dessert Bréval et Bueil". En ressortant de la cabine pour commencer à contrôler les titres de transport des 3 clampins, il a l'air soulagé d'avoir rattrapé le coup.
Au moment où j'aperçois le conducteur du train, je suis très déçue: il n'est même pas habillé en cheminot! Il a l'air maussade et est vêtu d'un jogging, comme s'il s'apprêtait à regarder Téléfoot. C'est pas comme ça que je m'imagine le conducteur de train. Enfin c'est dimanche, on peut peut-être l'excuser. Encore que...
Je ne sais pas si c'est le mal de dos, les courbatures, la course après le temps de ce matin, mais j'ai très mal à la tête et la nausée, ce qui m'empêche de faire quoi que ce soit. Je reste donc avachie à regarder l'air hagard par la vitre, en attendant que ça passe. J'ai alors tout le loisir de regarder les panneaux de signalisation ferroviaire.
Je peux constater la présence de plusieurs panneaux sur fond noir annonçant la lettre "S". Si je me souviens bien, ça veut dire que le mécanicien (ou le conducteur parce-que franchement, l'autre en jogging je peux pas l'appeler un mécano), doit siffler, ce qui signifie en langage moderne, non pas siffloter un petit air, mais donner un coup d'avertisseur sonore. Pourquoi? Ca j'ai oublié...Je crois me souvenir que ce panneau est devenu assez rare et qu'on ne le rencontre que sur les petites voies de cambrousse mais là aussi, j'ai oublié la raison. (Shame on me!)
A plusieurs reprises, j'entends un bref signal provenant de la cabine. Ca ressemblerait à une sonnerie de téléphone antique atténuée par une sourdine. Malgré mon état, je m'interroge sur la signification de ce signal. Je remarque qu'il intervient souvent avant que le conducteur ne "siffle". Alors là je me dis, si c'est ça, moi aussi je peux conduire des trains! Tu peux arriver la gueule enfarinée en jogging, somnoler ou lire l'Equipe, ne même pas te donner la peine de regarder les panneaux et attendre que le petit signal te réveille!
On arrive à proximité d'un tunnel. Dédé "siffle", mais pas dans le bon sens. Il donne un coup d'avertisseur descendant, comme si on sortait du tunnel. Puis quand on en sort, de ce tunnel, là, il n'y a plus qu'un seul son au lieu de deux. Décidément! Payer plus de 15€ pour un tel spectacle, c'est tout de même malheureux.
Un autre panneau attire mon attention (ça n'est pas la première fois que je le remarque): sur fond noir aussi, mais cette fois c'est la lettre Z. Comme je n'ai aucune idée de sa signification, j'émets plusieurs hypothèses:
-Les cheminots s'emmerdent tellement quand ils conduisent des trains qu'ils jouent au scrabble. Mais bien vite je réfute cette idée, car quand même, avec les seules lettres S, Z, R (ça non plus je ne sais pas ce que ça veut dire!), on ne va pas loin, même en admettant qu'on soit polonais.
- Cette lettre est un diminutif de "ZZZZ", qui signifie: "C'est bon mon gars, c'est du 150 en ligne droite pendant 200 bornes, tu peux pioncer." En attendant mieux, j'opte pour cette solution.
A Evreux, je monte dans un corail blindé de bourges se rendant à Troûville Deâuville. Là, plus question d'espionner les cheminots, je suis noyée dans la masse. Mais, toujours assise à droite dans le sens de la marche, mes yeux rencontrent à nouveau un panneau "S", et je constate, médusée, que le mécanicien ne siffle pas! Je pense à ce moment me plaindre à la Direction. Déjà qu'on me fait payer plein tarif alors que suis amie d'une famille qui ne paye pas le train, alors là c'en est trop.
Enfant de Cheminot, interroge donc Ton Père...
Malheureusement, il a raison. J'ai beau le savoir, à chaque fois ou presque, je cours pour avoir mon train. Il s'en étonne, mais moi non plus, je ne sais pas d'où ça vient, c'est un mystère. Le temps passe plus vite à partir d'une certaine heure, et arriver à la gare à l'heure devient un défi.
Je cours donc péniblement, mal au dos et des courbatures, pas assez dormi, dans la rue déserte, la voie ferrée en contrebas. Je me trimballe, en plus de mes affaires, 2 kg de sucre dans mon sac en bandoulière. C'est pas bien lourd mais mon sac rempli à ras bord entrechoquant mon pauvre corps courbaturé, tentant de courir le plus longtemps possible, me donne certainement l'air encore plus ridicule (ou misérable, voire les deux)...
Je monte en sueur dans le train, 5 minutes avant le départ. Le temps m'a joué un tour inhabituel: il est passé super vite tant que je n'étais pas partie, puis là, me narguant sans que je m'en rende compte, ricanant avec son pote le soleil, il s'est mis à ralentir. Voilà, maintenant, j'ai pas l'air con, 5 minutes avant le départ du train. Mais j'ai plus d'énergie pour courir encore jusqu'aux guichets, faire la queue, surveiller la pendule en tapant du pied par terre.
Le "Chef de Bord" est en train de discuter avec le conducteur; j'attends qu'ils terminent, puis il voit ma mine déconfite, la sueur dégoulinant de mon front; "J'ai pas eu le temps de prendre un billet, j'ai couru depuis Mantes Station..." Ca va, le gars, c'est dimanche, il est cool, il me fait le billet au tarif normal.
Le petit autorail moderne arrive à Bréval. Je suis assise juste derrière la cabine du conducteur. La voix automatique se déclenche et annonce: "Mesdames et Messieurs, dans quelques instants Notre Train [à cet instant le Chef de Bord s'étonne, l'air un peu amusé: "tiens, il a trouvé le code pour déclencher l'annonce!"] arrivera en gare de Mantes la Jolie, terminus de ce train. Nous espérons que vous avez effectué un agréable voyage et espérons vous revoir bientôt à bord de nos TER".
Là, Monsieur le Chef de Bord voit bien qu'il y a un problème, ouvre la porte de la cabine, prend le micro et annonce aux 3 clampins présents dans la rame que "Mesdames Messieurs je vous confirme que ce train est à destination d'Evreux et qu'il dessert Bréval et Bueil". En ressortant de la cabine pour commencer à contrôler les titres de transport des 3 clampins, il a l'air soulagé d'avoir rattrapé le coup.
Au moment où j'aperçois le conducteur du train, je suis très déçue: il n'est même pas habillé en cheminot! Il a l'air maussade et est vêtu d'un jogging, comme s'il s'apprêtait à regarder Téléfoot. C'est pas comme ça que je m'imagine le conducteur de train. Enfin c'est dimanche, on peut peut-être l'excuser. Encore que...
Je ne sais pas si c'est le mal de dos, les courbatures, la course après le temps de ce matin, mais j'ai très mal à la tête et la nausée, ce qui m'empêche de faire quoi que ce soit. Je reste donc avachie à regarder l'air hagard par la vitre, en attendant que ça passe. J'ai alors tout le loisir de regarder les panneaux de signalisation ferroviaire.
Je peux constater la présence de plusieurs panneaux sur fond noir annonçant la lettre "S". Si je me souviens bien, ça veut dire que le mécanicien (ou le conducteur parce-que franchement, l'autre en jogging je peux pas l'appeler un mécano), doit siffler, ce qui signifie en langage moderne, non pas siffloter un petit air, mais donner un coup d'avertisseur sonore. Pourquoi? Ca j'ai oublié...Je crois me souvenir que ce panneau est devenu assez rare et qu'on ne le rencontre que sur les petites voies de cambrousse mais là aussi, j'ai oublié la raison. (Shame on me!)
A plusieurs reprises, j'entends un bref signal provenant de la cabine. Ca ressemblerait à une sonnerie de téléphone antique atténuée par une sourdine. Malgré mon état, je m'interroge sur la signification de ce signal. Je remarque qu'il intervient souvent avant que le conducteur ne "siffle". Alors là je me dis, si c'est ça, moi aussi je peux conduire des trains! Tu peux arriver la gueule enfarinée en jogging, somnoler ou lire l'Equipe, ne même pas te donner la peine de regarder les panneaux et attendre que le petit signal te réveille!
On arrive à proximité d'un tunnel. Dédé "siffle", mais pas dans le bon sens. Il donne un coup d'avertisseur descendant, comme si on sortait du tunnel. Puis quand on en sort, de ce tunnel, là, il n'y a plus qu'un seul son au lieu de deux. Décidément! Payer plus de 15€ pour un tel spectacle, c'est tout de même malheureux.
Un autre panneau attire mon attention (ça n'est pas la première fois que je le remarque): sur fond noir aussi, mais cette fois c'est la lettre Z. Comme je n'ai aucune idée de sa signification, j'émets plusieurs hypothèses:
-Les cheminots s'emmerdent tellement quand ils conduisent des trains qu'ils jouent au scrabble. Mais bien vite je réfute cette idée, car quand même, avec les seules lettres S, Z, R (ça non plus je ne sais pas ce que ça veut dire!), on ne va pas loin, même en admettant qu'on soit polonais.
- Cette lettre est un diminutif de "ZZZZ", qui signifie: "C'est bon mon gars, c'est du 150 en ligne droite pendant 200 bornes, tu peux pioncer." En attendant mieux, j'opte pour cette solution.
A Evreux, je monte dans un corail blindé de bourges se rendant à Troûville Deâuville. Là, plus question d'espionner les cheminots, je suis noyée dans la masse. Mais, toujours assise à droite dans le sens de la marche, mes yeux rencontrent à nouveau un panneau "S", et je constate, médusée, que le mécanicien ne siffle pas! Je pense à ce moment me plaindre à la Direction. Déjà qu'on me fait payer plein tarif alors que suis amie d'une famille qui ne paye pas le train, alors là c'en est trop.
Enfant de Cheminot, interroge donc Ton Père...
jeudi 4 juin 2009
Pas de titre
Je suis dans une ville inconnue, derrière la vitre d'un haut immeuble. Dehors, le ciel est gris et il y a une tempête.
Par la vitre, je vois deux tours osciller sous l'effet du vent; l'une d'elle est une tour du world trade center. Et l'autre, je ne sais pas, à un moment c'est la Tour Eiffel. Elle se déforme encore plus violemment que l'autre, se tordant dans tous les sens, d'avant en arrière.
Je sais qu'il y a des gens dedans, et pourtant ces tours semblent faites de grillage.
Je ne comprends pas comment c'est possible.
Un paysage désolé d'arbres se balançant dans une tempête m'apparaît, je vois toutes les feuilles et les branches se tordre elles aussi, et pourtant elles ne cassent pas. Quelqu'un m'explique que pour les tours c'est pareil.
Par la vitre, je vois deux tours osciller sous l'effet du vent; l'une d'elle est une tour du world trade center. Et l'autre, je ne sais pas, à un moment c'est la Tour Eiffel. Elle se déforme encore plus violemment que l'autre, se tordant dans tous les sens, d'avant en arrière.
Je sais qu'il y a des gens dedans, et pourtant ces tours semblent faites de grillage.
Je ne comprends pas comment c'est possible.
Un paysage désolé d'arbres se balançant dans une tempête m'apparaît, je vois toutes les feuilles et les branches se tordre elles aussi, et pourtant elles ne cassent pas. Quelqu'un m'explique que pour les tours c'est pareil.
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