La voiture est pleine de cendres. Nous reconnaissons l'endroit où nous avions fait du stop l'année précédent. On est dans la banlieue de Reykjavík mais je n'arrive pas à trouver ça moche.
Nous arrivons au camping. Pas trop de monde. On est le 5 juin.
Le lieu m'est presque familier.
Le lendemain, nous allons nous promener sur le port. C'est la fête des pêcheurs; on nous distribue un papier avec le plan et les différentes animations. C'est écrit en islandais. Alors on marche au hasard.
Il fait un temps magnifique. Il y a des bacs remplis de glace, dans lesquels sont exposés des poissons de toutes les tailles et de toutes les formes.
Il y a un stand, avec des types qui font griller de la viande qu'ils font déguster.
On goûte. On pense que c'est du renne.
Juste avant de partir, j'ai un doute et je demande:
"Excuse me...what is it?"
"It's whale!", me répond le gars.
Nous buvons plein d'eau pour faire passer la honte et le goût. Puis nous rigolons de notre bêtise.
dimanche 29 août 2010
Mantes La Ville
Il est aux environs de 7h et je n'ai plus envie de dormir.
La fenêtre grande ouverte laisse entrer l'air frais et le soleil.
C'est calme. On n'entend que le bruit des voitures sur l'autoroute. L'esprit vagabond dans ma tête s'efforce de s'imaginer que ce sont des vagues, et rêve, un peu au moins.
"L’utilité du voyage, c’est de réguler l’imagination par le biais de la réalité; et permettre de voir les choses comme elles le sont vraiment, plutôt que de penser à comment elles pourraient être", ai-je lu.
Ca n'est que trop vrai.
La fenêtre grande ouverte laisse entrer l'air frais et le soleil.
C'est calme. On n'entend que le bruit des voitures sur l'autoroute. L'esprit vagabond dans ma tête s'efforce de s'imaginer que ce sont des vagues, et rêve, un peu au moins.
"L’utilité du voyage, c’est de réguler l’imagination par le biais de la réalité; et permettre de voir les choses comme elles le sont vraiment, plutôt que de penser à comment elles pourraient être", ai-je lu.
Ca n'est que trop vrai.
vendredi 13 août 2010
Vík
La route s'assombrit alors que nous nous approchons de Vík. Ça n'est pas la couleur du brouillard. Nous roulons au milieu des cendres de l'Eyjafjallajökull soulevées par le vent.
Lorsque nous arrivons, la visibilité est à peine meilleure à cause du mauvais temps. Le vent souffle fort et il pleut. Le camping est quasi vide. Nous montons nos tentes au pied de la falaise où caquètent les Fulmars.
Le lendemain.
Les gars sont en haut de la falaise. Je m'assieds par terre, la plage est quasi vide. Je viens de mettre du sable noir dans une petite bouteille en verre. L'air est doux. Il y a pas mal de vent.
Les vagues déferlent et les sternes volent bas.
Il est presque midi. Je suis désormais sous la falaise à oiseaux. Les vagues déferlent juste derrière moi.
La falaise est verte et ensoleillée. Il y fleurit des pissenlits et des boutons d'or.
"Kittiwake! Kittiwake!" braillent les Mouettes Tridactyles.
Midi et demie. Je m'arrête dans le café près de l'office de tourisme. Il y a de la musique pourrie, genre country islandaise.
Tout est en bois, il y a des pulls islandais à vendre, accrochés aux murs. Il fait une chaleur agréable. Il y a peu de touristes.
Je suis au pied de l'église. "Houuu..." fait le vent qui s'engouffre dans ma gourde.
L'église est fermée.
Je continue à monter, le sentier m'amène dans le champs de lupins, puis s'arrête. Je continue et entreprends de rejoindre le chemin en contrebas. Je tente de descendre le long de la falaise sans écraser trop de lupins, j'y parviens à peu près, mais effraie tout de même quelques oiseaux qui s'envolent à mon passage.
Que demander de plus que d'être ici?
Lorsque nous arrivons, la visibilité est à peine meilleure à cause du mauvais temps. Le vent souffle fort et il pleut. Le camping est quasi vide. Nous montons nos tentes au pied de la falaise où caquètent les Fulmars.
Le lendemain.
Les gars sont en haut de la falaise. Je m'assieds par terre, la plage est quasi vide. Je viens de mettre du sable noir dans une petite bouteille en verre. L'air est doux. Il y a pas mal de vent.
Les vagues déferlent et les sternes volent bas.
Il est presque midi. Je suis désormais sous la falaise à oiseaux. Les vagues déferlent juste derrière moi.
La falaise est verte et ensoleillée. Il y fleurit des pissenlits et des boutons d'or.
"Kittiwake! Kittiwake!" braillent les Mouettes Tridactyles.
Midi et demie. Je m'arrête dans le café près de l'office de tourisme. Il y a de la musique pourrie, genre country islandaise.
Tout est en bois, il y a des pulls islandais à vendre, accrochés aux murs. Il fait une chaleur agréable. Il y a peu de touristes.
Je suis au pied de l'église. "Houuu..." fait le vent qui s'engouffre dans ma gourde.
L'église est fermée.
Je continue à monter, le sentier m'amène dans le champs de lupins, puis s'arrête. Je continue et entreprends de rejoindre le chemin en contrebas. Je tente de descendre le long de la falaise sans écraser trop de lupins, j'y parviens à peu près, mais effraie tout de même quelques oiseaux qui s'envolent à mon passage.
Que demander de plus que d'être ici?
dimanche 1 août 2010
Seyðisfjörður
C'est la nuit. A peine la pénombre en réalité. Presque personne au camping, le village est endormi. Sur la colline, les lettres lumineuses de Seyðisfjörður, plus loin, l'église bleue et le bateau, toujours à quai.
Une Grive Mauvis ne cesse de chanter au sommet de son jeune arbre. On est début juin et pendant deux mois environ, il n'y aura pas de nuit.
Le lendemain. Nous empruntons la route non goudronnée en direction de la mer. Le chemin est caillouteux et parfois escarpé. Le fjord est en contrebas. Je serre les dents. Le temps est magnifique. Comme prévu, nous laissons la bagnole un peu avant la rivière. Seuls les 4X4 peuvent continuer. Nous faisons le reste à pied jusqu'à Skálanes.
Nous entrons dans le lieu de nidification des Sternes Arctiques. Elles nichent à terre, de chaque côté du chemin. Elles s'envolent à notre passage et tournoient au dessus de nos tête en criant. Nous nous dépêchons vite de passer.
Un chien vient nous accueillir. C'est le chien de la seule maison présente à des kilomètres à la ronde. On y accueille des touristes, pour dormir ou juste de passage, ce qui est notre cas. Nous calons notre faim avec des en-cas islandais et du café.
L'ambiance est chaleureuse dans ce chalet isolé. Il y a des poules en liberté dehors, des types qui bossent à la construction d'un sauna, en contrebas, des Eiders dont on ramasse une partie du duvet.
Une fois par semaine, on peut voir d'ici le bateau arriver, puis repartir vers les Féroés et le Danemark.
Je voudrais rester ici bien plus que quelques heures.
Nous continuons vers la falaise de Skálanes, pleine d'oiseaux. Des centaines de Fulmars et de Mouettes Tridactyles caquètent, braillent, s'envolent, couvent, se posent, s'envolent à nouveau, c'est un mouvement incessant. Il y a aussi quelques Macareux.
Au retour nous passons de nouveau, tête baissée, au milieu des Sternes. Ca vole et ça crie dans tous les sens. Le nom Islandais pour la Sterne Arctique est "Kría", ce qui correspond assez au son qu'elle produit lorsqu'elle se sent dérangée.
Nous trouvons par terre des bois de Renne, mais nous ne les ramassons pas car, après à peine deux jours passés ici, le coffre de la voiture est déjà encombré d'un flotteur trouvé au bord du fjord, et de plusieurs cailloux.
De retour vers Seyðisfjörður, nous arrêtons la voiture: c'est la troisième fois qu'à cet endroit ou dans ses proches environs, nous l'apercevons: la baleine. Il y a une petite baleine dans le fjord. Sans doute même plusieurs. Nous restons quelques minutes à la regarder avant qu'elle ne disparaisse dans les profondeurs.
Nous quittons le village. La route monte de plus en plus. En contrebas, la vallée nous apparaît, grandiose.
En haut,la neige. Comme si on était passés, en quelques kilomètres, à l'hiver.
Une Grive Mauvis ne cesse de chanter au sommet de son jeune arbre. On est début juin et pendant deux mois environ, il n'y aura pas de nuit.
Le lendemain. Nous empruntons la route non goudronnée en direction de la mer. Le chemin est caillouteux et parfois escarpé. Le fjord est en contrebas. Je serre les dents. Le temps est magnifique. Comme prévu, nous laissons la bagnole un peu avant la rivière. Seuls les 4X4 peuvent continuer. Nous faisons le reste à pied jusqu'à Skálanes.
Nous entrons dans le lieu de nidification des Sternes Arctiques. Elles nichent à terre, de chaque côté du chemin. Elles s'envolent à notre passage et tournoient au dessus de nos tête en criant. Nous nous dépêchons vite de passer.
Un chien vient nous accueillir. C'est le chien de la seule maison présente à des kilomètres à la ronde. On y accueille des touristes, pour dormir ou juste de passage, ce qui est notre cas. Nous calons notre faim avec des en-cas islandais et du café.
L'ambiance est chaleureuse dans ce chalet isolé. Il y a des poules en liberté dehors, des types qui bossent à la construction d'un sauna, en contrebas, des Eiders dont on ramasse une partie du duvet.
Une fois par semaine, on peut voir d'ici le bateau arriver, puis repartir vers les Féroés et le Danemark.
Je voudrais rester ici bien plus que quelques heures.
Nous continuons vers la falaise de Skálanes, pleine d'oiseaux. Des centaines de Fulmars et de Mouettes Tridactyles caquètent, braillent, s'envolent, couvent, se posent, s'envolent à nouveau, c'est un mouvement incessant. Il y a aussi quelques Macareux.
Au retour nous passons de nouveau, tête baissée, au milieu des Sternes. Ca vole et ça crie dans tous les sens. Le nom Islandais pour la Sterne Arctique est "Kría", ce qui correspond assez au son qu'elle produit lorsqu'elle se sent dérangée.
Nous trouvons par terre des bois de Renne, mais nous ne les ramassons pas car, après à peine deux jours passés ici, le coffre de la voiture est déjà encombré d'un flotteur trouvé au bord du fjord, et de plusieurs cailloux.
De retour vers Seyðisfjörður, nous arrêtons la voiture: c'est la troisième fois qu'à cet endroit ou dans ses proches environs, nous l'apercevons: la baleine. Il y a une petite baleine dans le fjord. Sans doute même plusieurs. Nous restons quelques minutes à la regarder avant qu'elle ne disparaisse dans les profondeurs.
Nous quittons le village. La route monte de plus en plus. En contrebas, la vallée nous apparaît, grandiose.
En haut,la neige. Comme si on était passés, en quelques kilomètres, à l'hiver.
Traversée
Nous attendons, voitures alignées, moteurs éteints, sous un soleil radieux. Une 2CV rouge à pois est arrêtée un peu plus loin.
Nous buvons du vin dans des timbales de camping. Berglind et Kristinn, garés à côté de nous, nous prennent en photo.
Nous devons avancer. Ils nous donnent leurs coordonnées.
Le bateau sera demain matin aux Féroés. Nous sommes en train de prendre notre repas sommaire quand apparaissent des Fulmars qui volent le long du bateau. Nous allons sur le pont et ce sont bientôt des Fous de Bassan qui les rejoignent. Ils planent au dessus de nos têtes ébahies.
Thórshavn, îles Féroé: un avant goût d'Islande. Les gens qui vivent ici sont entourés des eaux grises de l'Atlantique Nord. Pas d'autoroute, ni de grande zone commerciale.
Ce que l'on en voit pendant ces quelques heures: des maisons aux toits recouverts d'herbe, une colline verte où coule un ruisseau, des enfants habillés de toutes les couleurs, jouant dans les arbres, une église chauffée et vide (impression de rentrer chez des gens), une bibliothèque avec accès internet au fond d'une impasse, un minuscule local avec des livres à vendre au profit de la croix rouge, sans vendeur mais avec une boîte pour déposer l'argent, des chalutiers en bois, des poissons fraîchement pêchés sur le port, le phare rouge et blanc, le Faucon, emblème de la Smyrill Line, presque fier au sommet du bateau dans lequel nous devons bientôt remonter.
Le lendemain matin. Nous sommes peut-être cinq ou six personnes sur le pont, à l'avant du bateau.
Il fait froid. Le bateau navigue dans le brouillard. Les Fulmars continuent de voler avec nous.
Et puis le voilà qui apparaît, le sommet de la montagne, encore couvert de neige.
Nous poussons des cris de joie comme des idiots.
Ca y est, l'Islande apparaît.
Les coups de corne de brume nous font sursauter.
Lorsque nous entrons vraiment dans le fjord, le brouillard se dissipe peu à peu pour laisser place à un paysage magnifique, froid et paisible.
Nous buvons du vin dans des timbales de camping. Berglind et Kristinn, garés à côté de nous, nous prennent en photo.
Nous devons avancer. Ils nous donnent leurs coordonnées.
Le bateau sera demain matin aux Féroés. Nous sommes en train de prendre notre repas sommaire quand apparaissent des Fulmars qui volent le long du bateau. Nous allons sur le pont et ce sont bientôt des Fous de Bassan qui les rejoignent. Ils planent au dessus de nos têtes ébahies.
Thórshavn, îles Féroé: un avant goût d'Islande. Les gens qui vivent ici sont entourés des eaux grises de l'Atlantique Nord. Pas d'autoroute, ni de grande zone commerciale.
Ce que l'on en voit pendant ces quelques heures: des maisons aux toits recouverts d'herbe, une colline verte où coule un ruisseau, des enfants habillés de toutes les couleurs, jouant dans les arbres, une église chauffée et vide (impression de rentrer chez des gens), une bibliothèque avec accès internet au fond d'une impasse, un minuscule local avec des livres à vendre au profit de la croix rouge, sans vendeur mais avec une boîte pour déposer l'argent, des chalutiers en bois, des poissons fraîchement pêchés sur le port, le phare rouge et blanc, le Faucon, emblème de la Smyrill Line, presque fier au sommet du bateau dans lequel nous devons bientôt remonter.
Le lendemain matin. Nous sommes peut-être cinq ou six personnes sur le pont, à l'avant du bateau.
Il fait froid. Le bateau navigue dans le brouillard. Les Fulmars continuent de voler avec nous.
Et puis le voilà qui apparaît, le sommet de la montagne, encore couvert de neige.
Nous poussons des cris de joie comme des idiots.
Ca y est, l'Islande apparaît.
Les coups de corne de brume nous font sursauter.
Lorsque nous entrons vraiment dans le fjord, le brouillard se dissipe peu à peu pour laisser place à un paysage magnifique, froid et paisible.
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