C'est la nuit. A peine la pénombre en réalité. Presque personne au camping, le village est endormi. Sur la colline, les lettres lumineuses de Seyðisfjörður, plus loin, l'église bleue et le bateau, toujours à quai.
Une Grive Mauvis ne cesse de chanter au sommet de son jeune arbre. On est début juin et pendant deux mois environ, il n'y aura pas de nuit.
Le lendemain. Nous empruntons la route non goudronnée en direction de la mer. Le chemin est caillouteux et parfois escarpé. Le fjord est en contrebas. Je serre les dents. Le temps est magnifique. Comme prévu, nous laissons la bagnole un peu avant la rivière. Seuls les 4X4 peuvent continuer. Nous faisons le reste à pied jusqu'à Skálanes.
Nous entrons dans le lieu de nidification des Sternes Arctiques. Elles nichent à terre, de chaque côté du chemin. Elles s'envolent à notre passage et tournoient au dessus de nos tête en criant. Nous nous dépêchons vite de passer.
Un chien vient nous accueillir. C'est le chien de la seule maison présente à des kilomètres à la ronde. On y accueille des touristes, pour dormir ou juste de passage, ce qui est notre cas. Nous calons notre faim avec des en-cas islandais et du café.
L'ambiance est chaleureuse dans ce chalet isolé. Il y a des poules en liberté dehors, des types qui bossent à la construction d'un sauna, en contrebas, des Eiders dont on ramasse une partie du duvet.
Une fois par semaine, on peut voir d'ici le bateau arriver, puis repartir vers les Féroés et le Danemark.
Je voudrais rester ici bien plus que quelques heures.
Nous continuons vers la falaise de Skálanes, pleine d'oiseaux. Des centaines de Fulmars et de Mouettes Tridactyles caquètent, braillent, s'envolent, couvent, se posent, s'envolent à nouveau, c'est un mouvement incessant. Il y a aussi quelques Macareux.
Au retour nous passons de nouveau, tête baissée, au milieu des Sternes. Ca vole et ça crie dans tous les sens. Le nom Islandais pour la Sterne Arctique est "Kría", ce qui correspond assez au son qu'elle produit lorsqu'elle se sent dérangée.
Nous trouvons par terre des bois de Renne, mais nous ne les ramassons pas car, après à peine deux jours passés ici, le coffre de la voiture est déjà encombré d'un flotteur trouvé au bord du fjord, et de plusieurs cailloux.
De retour vers Seyðisfjörður, nous arrêtons la voiture: c'est la troisième fois qu'à cet endroit ou dans ses proches environs, nous l'apercevons: la baleine. Il y a une petite baleine dans le fjord. Sans doute même plusieurs. Nous restons quelques minutes à la regarder avant qu'elle ne disparaisse dans les profondeurs.
Nous quittons le village. La route monte de plus en plus. En contrebas, la vallée nous apparaît, grandiose.
En haut,la neige. Comme si on était passés, en quelques kilomètres, à l'hiver.
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