Trouvé hier, plus ou moins caché dans une étagère à hauteur de genou (ou de cheville, c'est selon) de la librairie Mantevilloise, ce modeste petit livre intitulé:
"La poésie du rail, petite apologie du voyage en train".
En guise d'introduction, ces quelques mots de Patrick Modiano (l'auteur, un certain Baptiste Roux, prof agrégé, nous est présenté comme spécialiste du-dit Modiano):
"Si l'on habite près d'une gare,
cela change complètement la vie.
On a l'impression d'être de passage.
Rien n'est jamais définitif.
Un jour ou l'autre, on monte dans un train."
Alors? Eh bien, ça marche aussi bien sûr, si l'on habite en face d'une gare où ne s'arrêtent que des trains de banlieue. Car ils se traînent quand-même jusqu'à Paris, et de Paris, toutes les routes mènent nulle-part et partout.
dimanche 3 mai 2009
lundi 27 avril 2009
Au fond de la bibliothèque...
"Dans la craie de l'école il y a une machine à coudre; les petits enfants secouent leurs boucles de papier argenté. Le ciel est un tableau noir sinistrement effacé de minute en minute par le vent. "Vous savez ce qu'il advint des lis qui ne voulaient pas s'endormir" commence le maître, et les oiseaux de faire entendre leur voix un peu avant le passage du dernier train. La classe est sur les plus hautes branches du retour, entre les verdiers et les brûlures. C'est l'école buissonnière dans toute son acception. Le prince des mares, qui porte le nom d'Hugues, tient les rames du couchant. Il guette la roue aux mille rayons qui coupe le verre dans la campagne et que les petits enfants, du moins ceux qui ont des yeux de colchique, accueilleront si bien. Le passe-temps catholique est délaissé. Si jamais le clocher retourne aux grains de maïs, c'en sera fini des usines même et le fond des mers ne s'illuminera plus que sous certaines conditions. Les enfants brisent les vitres de la mer à cette heure et prennent des devises pour approcher du château. Ils laissent passer leur tour dans les rondes de nuit et comptent sur leurs doigts les signes dont ils n'auront pas à se défaire. La journée est fautive et s'attache à ranimer plutôt les sommeils que les courages. Journée d'approche qui ne s'est pas élevée plus haut qu'une robe de femme, de celles qui font le guet sur les grands violons de la nature. Journée audacieuse et fière qui n'a pas à compter sur l'indulgence de la terre et qui finira bien par lier sa gerbe d'étoiles comme les autres quand les petits enfants rentreront, l'oeil en bandoulière, par les chemins du hasard. Nous reparlons de cette journée entre haut et bas, dans les cours royales, dans les imprimeries. Nous en reparlerons pour nous en taire."
André Breton, Poisson soluble
La définition du lundi
On utilise souvent des mots sans les connaître vraiment.
Suite à une interrogation collective, puis consultation du Petit Robert il y a à peine 2 minutes, je puis affirmer que le terme de bringue signifie "cheval mal bâti". (Oui, il existe un terme spécifique pour les chevaux mal bâtis, c'est comme ça.)
Ainsi, lorsque vous apostrophez affectueusement votre fille, soeur ou autre, en la traitant de grande bringue, sachez quand même que vous la traitez de grand cheval mal bâti (et par extension, grande fille dégingandée).
C'est important (ou pas) de savoir également que dégingandée ne prend pas de u après le premier g, le premier g de dégingandée se prononçant donc j...
Moi, j'avais toujours dit "déguingandée".
On n'en apprend tous les jours...
Suite à une interrogation collective, puis consultation du Petit Robert il y a à peine 2 minutes, je puis affirmer que le terme de bringue signifie "cheval mal bâti". (Oui, il existe un terme spécifique pour les chevaux mal bâtis, c'est comme ça.)
Ainsi, lorsque vous apostrophez affectueusement votre fille, soeur ou autre, en la traitant de grande bringue, sachez quand même que vous la traitez de grand cheval mal bâti (et par extension, grande fille dégingandée).
C'est important (ou pas) de savoir également que dégingandée ne prend pas de u après le premier g, le premier g de dégingandée se prononçant donc j...
Moi, j'avais toujours dit "déguingandée".
On n'en apprend tous les jours...
dimanche 26 avril 2009
Mantes la Ville, dimanche matin
Mantes je t'apprivoise, lorsque de bon matin la tête embrumée je retraverse tes rues endormies, quand seuls les oiseaux affairés dans tes petits jardins couvrent la rumeur lointaine, quand là-bas apparaît la collégiale sous les nuages et que de fines gouttes de pluie commencent à tomber.
vendredi 24 avril 2009
L'écho de Mathilde
Extraits:
LE PIGEON
Ventre nourri de grain, descends de ce côté,
Ventre saint gris de pigeon...
Comme un orage pleut, marche à très larges serres,
Surplombe, empiète le gazon,
Où d'abord tu as rebondi
Avec les charmants roucoulements du tonnerre.
Déclare-nous bientôt ton col arc-en-ciel...
Puis envole-toi obliquement, parmi un grand éclat
d'ailes, qui tirent, plissent ou déchirent la couverture de
soie des nues.
LE PLATANE
Tu borderas toujours notre avenue française pour ta simple membrure et ce tronc clair, qui se départit sèchement de la platitude des écorces,
Pour la trémulation virile de tes feuilles en haute lutte au ciel à mains plates plus larges d'autant que tu fus tronqué,
Pour ces pompons aussi, ô de très vieille race, que tu prépares à bout de branches pour le rapt du vent,
Tels qu'ils peuvent tomber sur la route poudreuse ou les tuiles d'une maison...Tranquille à ton devoir tu ne t'en émeus point:
Tu ne peux les guider mais en émets assez pour qu'un seul succédant vaille au fier Languedoc
A perpétuité l'ombrage du platane.
LA RADIO
Cette boîte vernie ne montre rien qui saille, qu'un bouton à tourner jusqu'au proche déclic, pour qu'au-dedans bientôt faiblement se rallument plusieurs petits gratte-ciel d'aluminium, tandis que de brutales vociférations jaillissent qui se disputent notre attention.
Un petit appareil d'une "sélectivité" merveilleuse! Ah, comme il est ingénieux de s'être amélioré l'oreille à ce point! Pourquoi? Pour s'y verser incessamment l'outrage des pires grossièretés.
Tout le flot de purin de la mélodie mondiale.
Eh bien, voilà qui est parfait, après tout! Le fumier, il faut le sortir et le répandre au soleil: une telle inondation parfois fertilise...
Pourtant, d'un pas pressé, revenons à la boîte, pour en finir.
Fort en honneur dans chaque maison depuis quelques années - au beau milieu du salon, toutes fenêtres ouvertes - la bourdonnante, la radieuse seconde petite boîte à ordures!
Francis Ponge, Pièces
(Petite note personnelle à propos de LA RADIO: il parle de France Inter là, non?...)
LE PIGEON
Ventre nourri de grain, descends de ce côté,
Ventre saint gris de pigeon...
Comme un orage pleut, marche à très larges serres,
Surplombe, empiète le gazon,
Où d'abord tu as rebondi
Avec les charmants roucoulements du tonnerre.
Déclare-nous bientôt ton col arc-en-ciel...
Puis envole-toi obliquement, parmi un grand éclat
d'ailes, qui tirent, plissent ou déchirent la couverture de
soie des nues.
LE PLATANE
Tu borderas toujours notre avenue française pour ta simple membrure et ce tronc clair, qui se départit sèchement de la platitude des écorces,
Pour la trémulation virile de tes feuilles en haute lutte au ciel à mains plates plus larges d'autant que tu fus tronqué,
Pour ces pompons aussi, ô de très vieille race, que tu prépares à bout de branches pour le rapt du vent,
Tels qu'ils peuvent tomber sur la route poudreuse ou les tuiles d'une maison...Tranquille à ton devoir tu ne t'en émeus point:
Tu ne peux les guider mais en émets assez pour qu'un seul succédant vaille au fier Languedoc
A perpétuité l'ombrage du platane.
LA RADIO
Cette boîte vernie ne montre rien qui saille, qu'un bouton à tourner jusqu'au proche déclic, pour qu'au-dedans bientôt faiblement se rallument plusieurs petits gratte-ciel d'aluminium, tandis que de brutales vociférations jaillissent qui se disputent notre attention.
Un petit appareil d'une "sélectivité" merveilleuse! Ah, comme il est ingénieux de s'être amélioré l'oreille à ce point! Pourquoi? Pour s'y verser incessamment l'outrage des pires grossièretés.
Tout le flot de purin de la mélodie mondiale.
Eh bien, voilà qui est parfait, après tout! Le fumier, il faut le sortir et le répandre au soleil: une telle inondation parfois fertilise...
Pourtant, d'un pas pressé, revenons à la boîte, pour en finir.
Fort en honneur dans chaque maison depuis quelques années - au beau milieu du salon, toutes fenêtres ouvertes - la bourdonnante, la radieuse seconde petite boîte à ordures!
Francis Ponge, Pièces
(Petite note personnelle à propos de LA RADIO: il parle de France Inter là, non?...)
jeudi 23 avril 2009
J'aime-pas-les-commerciaux-
Dégage tes sales tentacules de là, tu pues le parfum industriel
M'approche pas recule d'un pas, m'appelle pas par mon prénom on se connait pas
Me regarde pas droit dans les yeux avec ton regard-d'acier-faussement-bienveillant, on me la fait pas à moi, ta carte de visite tu peux te la foutre dans ton attaché-case, j'm'en fous j't'appelerai jamais, qu'est-ce que tu veux que je te raconte? Qu'est-ce que tu veux essayer de me refourguer avec tes airs mielleux et ta chemisette repassée? Casse-toi
Les gens comme toi j'ai rien à leur dire, tu le sais hein tu veux me déstabiliser avec ta poigne de fer et ton sourire-d'acier-faussement-bienveillant, mais moi je sais, je sais que t'es pas un humain, juste un robot cloné au service d'une multinationale, tu "passais là par hasard" que tu dis, mais dégage sale cyborg! Dégage!
M'approche pas recule d'un pas, m'appelle pas par mon prénom on se connait pas
Me regarde pas droit dans les yeux avec ton regard-d'acier-faussement-bienveillant, on me la fait pas à moi, ta carte de visite tu peux te la foutre dans ton attaché-case, j'm'en fous j't'appelerai jamais, qu'est-ce que tu veux que je te raconte? Qu'est-ce que tu veux essayer de me refourguer avec tes airs mielleux et ta chemisette repassée? Casse-toi
Les gens comme toi j'ai rien à leur dire, tu le sais hein tu veux me déstabiliser avec ta poigne de fer et ton sourire-d'acier-faussement-bienveillant, mais moi je sais, je sais que t'es pas un humain, juste un robot cloné au service d'une multinationale, tu "passais là par hasard" que tu dis, mais dégage sale cyborg! Dégage!
Dans ta maison
On est chez toi et je ne te connais pas encore. Chez toi je m'y sens bien.
Chez toi je m'y sens mieux que chez moi, parce-que je découvre que la chaleur existe.
Chez toi j'ai découvert que la chaleur, dans mon modeste logis, pouvait entrer.
Chez toi je m'y sens mieux que chez moi, parce-que je découvre que la chaleur existe.
Chez toi j'ai découvert que la chaleur, dans mon modeste logis, pouvait entrer.
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